Un coin lecture parfait « Keeps the doctor away » !



Pour vous permettre d’embrasser votre vraie nature d’ermite, il est important de vous aménager u
n havre de paix à votre image. Un petit cocon, un éden de silence qui n’appartient qu’à vous.

17h45. Vous rentrez de votre éreintante journée de travail. La fatigue se fait sentir, les bouchons sur la route du retour ne vous ont pas épargné·e.

Enfin, votre doux foyer vous tend les bras, vous vous imaginez déjà siroter un verre de vin avant de vous installer confortablement sur le canapé. Vous ouvrez la porte d’entrée et…

Le cliquetis des ongles de votre mère sur une table parce que vous avez du retard

Les enfants qui crient et courent dans tous les sens

Le blender à smoothies

La TV des ados à fond

Le chien qui aboie

Les voisins qui se chamaillent, hurlent et cassent leur vaisselle

La tondeuse de votre autre voisin

Le téléphone qui sonne

Les sticks de poisson qui collent au fond de la poêle

Votre amour qui mâche un chewing-gum

Les hauts talons sur le parquet

La porte du placard qui grince

Le bébé qui pleure

Le pied de junior qui cogne sur le pied de la table

L’aspirateur


On pourrait penser que les choses s’arrangent à la tombée de la nuit… que nenni.

 

Le bruit sourd du frigo

Le robinet qui goûte

L’horloge du salon qui fait tic-tac

Les ronflements de votre moitié

Les quintes de toux du petit dernier

Les voitures et surtout les scooters qui vrombissent dans la rue

La pluie sur les fenêtres

Le vent sous les portes

Le chat qui ronronne

 

Impossible de fermer l’œil. Vous avez les nerfs à vif.

Puis, le silence. Un bon fauteuil en cuir, confortable, un tapis moelleux, d’excellents polars à portée de main et surtout, un loquet sur la porte de votre jardin secret insonorisé. Vous n’êtes plus là pour personne. Votre bibliothèque en acajou, qui abrite votre collection de Jo Nesbø et de Maxime Chattam, vous attend. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté (comme le disait si bien Beaudelaire). Vos douillettes charentaises sont là où vous les aviez laissées, au pied de votre Chesterfield.

Egoïste, me direz-vous ? Question de survie, vous répondrai-je. Vous avez le droit de fermer la porte au nez du chaos, même si cela implique que votre famille ou vos colocataires vous haïssent momentanément ou vous le fassent payer plus tard. Vous serez frais·che et dispos·e pour accueillir leur ire et leurs reproches qui au fond, ne sont que pure jalousie. Leurs jurons ne vous atteindront pas. « Tu peux pas test », leur rétorquerez-vous. Et vous aurez raison.