Et la lumière fut



Et la lumière fut

 

Au salon comme à la cuisine, en passant par le balcon, il est certes important de s’entourer de meubles esthétiques et fonctionnels. Or, mettre en place un éclairage adéquat l’est sans doute encore plus. La lumière naturelle ? Laissons cela aux espèces diurnes, si vous le voulez bien, car en période de canicule, les volets restent souvent fermés et le soleil nous semble assassin. On ne vous cache pas nos tentatives d’obtenir le témoignage d’un vampire malheureusement restées vaines, mais leur mode de vie a déjà été si documenté au fil des siècles que nous n’avons pas jugé nécessaire de nous étaler sur le sujet.

 

Au risque de vous inciter à actionner frénétiquement l’interrupteur en vociférant des « jour… nuit… jour… nuit… » goguenards à la Jacquouille, nous allons aujourd’hui simplement passer en revue quelques-uns des meilleurs et des pires éclairages habituellement adoptés par l’homo sapiens ces dernières années dans nos régions.

 

Dans l’entrée, sur le balcon ou au jardin

  • L’allée ponctuée de mini lampadaires led solaires en forme de libellules ou de papillons de toutes les couleurs fait fureur dans les localités de villas mitoyennes, alors que les torches disposées de manière à rappeler une grotte de film d’aventure – au hasard, Indiana Jones – semblent passées de mode.
  • La guirlande d’ampoules multicolores dite « guinguette » fait son grand retour sur les balcons, pergolas et autres terrasses de colocation. Cette petite touche « middle class » confère un esprit fort sympathique à vos soirées estivales entre amis.
  • La lanterne elfique a un statut bien à part, dont nous ne débattrons pas ici. Mais les amateurs de cosplay savent.
  • Dans les immeubles urbains, peu de fantaisie à noter du côté des minuteries de couloirs, au grand dam des locataires. Avis aux concepteurs…

 

Dans la cuisine et la salle à manger

  • L’éternel duel entre les spots directionnels et les sempiternels tubes néon a épuisé son capital suspense. C’est un match nul sans gagnant.

 

Au salon

  • On se souvient tous des téléfilms et séries holywoodiennes des années 90, lorsque les jeunes personnages des quartiers chics arrivaient dans une maison au luxe ultra moderne et applaudissaient (clap clap et sourire dentifrice) pour allumer la lumière. C’était une véritable vision du futur ! En 2019, il suffit de demander : « Ok Google, allume la lumière du salon ».
  • La bougie, bien que fort primitive, a quant à elle encore de beaux jours devant elle : senteurs boisées, dîner aux chandelles ou encore séance de spiritisme, les occasions d’allumer un cierge ne manquent pas.
  • Le lustre en cristal de mémé restera chez elle : d’entretien fastidieux, il illustre à la fois le faste et le manque d’ergonomie d’antan, opposés à nos vies connectées de millénials trendy.
  • Ecologie oblige, on se tourne aujourd’hui vers les ampoules économiques, moins gourmandes en énergie. Veillez toutefois à bien les choisir : la lumière bleutée donne mauvaise mine. Attention les moches !

 

A la salle de bain

  • Avouez-le, vous aimez être sous les feux des projecteurs. Vos rêves de gloire prennent parfois vie devant le miroir de votre armoire à pharmacie : lorsque la poursuite s’allume et se braque sur vous, ni une ni deux vous empoignez votre brosse à cheveux et entonnez un « Leeeeeet the sunshine, leeeeeeet the sunshine in » digne de Broadway. Ne niez pas, on vous a vus. Et il se trouve que nous sommes tous comme vous.

 

Dans la chambre à coucher

  • Un enfant sommeille en chacun de nous, ce qui en soi est merveilleux. Sauf quand cet enfant se refuse à admettre qu’un ciel étoilé phosphorescent, des guirlandes lumineuses régressives, une veilleuse et une lampe de chevet estampillée de montgolfières n’ont plus vraiment leur place dans une chambre d’adulte. Non non, inutile de chouiner !
  • Vous rappelez-vous de la boule en papier de riz japonais, dans votre premier appartement d’étudiant, quand n’aviez pas les moyens d’acquérir une œuvre de designer finlandais et qu’il fallait parer au plus pressé ? Oui ? Nous aussi.
  • Le soir venu, quand les enfants sont au lit, on change d’atmosphère. Mode séduction : activé. Lumière tamisée, musique romantique, votre chéri(e) sera charmé(e) par tant de subtilité. Jusqu’à ce que le foulard rouge que vous avez déposé nonchalamment sur le lampadaire pour créer une ambiance intime prenne feu.

 

Au bureau

  • Indispensable à tout poète qui se respecte, aux écrivains du dimanche ainsi qu’aux étudiants qui rédigent leur mémoire à quatre heures du matin, la lampe de bureau s’exprime grâce à son pied métallique articulé. Pixar l’a d’ailleurs bien compris. Lorsqu’il est très tard et que vous n’avez plus la lumière à tous les étages, c’est elle qui prend le relais. Selon l’inclinaison de sa tête, vous saurez si vous êtes sur la bonne voie, ou si votre argumentaire est affligeant et ne tient pas la route. C’est votre lampe qui vous le dit !

 

 

En définitive, ce qu’il faut retenir de cette énumération non exhaustive, c’est que le soleil, c’est vous. Les étincelles dans les yeux de vos proches, c’est vous. Le scintillement des étoiles, c’est vous. LA LUMIÈRE, C’EST VOUS !

 

Et maintenant, allez méditer sur cette affirmation dans votre chambre, et n’oubliez pas d’éteindre les bougies avant de vous coucher.